2021-05-02 - Boycott d’une audience du Conseil constitutionnel pour cause de ségrégation

• Pour citer le présent article : https://psychiatrie.crpa.asso.fr/784

Document du lundi 3 mai 2021
Article mis à jour le 10 mai 2021
par  A.B.

Dossier sur notre site sur l’isolement et la contention en psychiatriehttps://psychiatrie.crpa.asso.fr/#S…

Pour lire un commentaire sur cette affaire sur Dalloz actualité du 16 avril 2021, cliquer sur ce lien

Pour retrouver cet article sur l’édition participative de Mediapart, Les contes de la folie ordinaire, cliquer sur ce lien


CRPA - Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie
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André Bitton, président du CRPA, ancien président du Groupe information asiles (GIA).

OBJET : Boycott d’une audience du Conseil constitutionnel pour cause de ségrégation

Paris, le 3 mai 2021.

Résumé. Dans le cadre d’une deuxième question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur l’isolement et la contention en psychiatrie, audiencée le mardi 25 mai 2021, le CRPA étant intervenant dans cette instance, avis de boycott pour cause de ségrégation sur le handicap (une ségrégation qui empêche de vivre, dont les conséquences peuvent être mortelles).
 

Monsieur le Greffier du Conseil constitutionnel,

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2021-04-01 Arrêt de renvoi de la Cour de cassation.

En vue de l’audience du 25 mai 2021 du Conseil constitutionnel relative à la QPC n°2021-912 portant sur l’article 84 de la loi de finances de la sécurité sociale 2021 réformant l’isolement et la contention en psychiatrie je me permets de vous faire savoir que bien que représentant légal d’une partie intervenante dans cette affaire, et n’habitant pas loin en métro du Conseil constitutionnel, je ne serai pas présent à la prochaine audience concernant cette QPC, par protestation contre la ségrégation que je subis.

Je n’ai pu m’intégrer en métropole où je vis depuis mon enfance guère que par le biais de réseaux contestataires. J’ai été rejeté par les miens (des fascistes juifs archaïques) durant mon enfance, et j’ai été cassé physiquement et psychiquement dès le système scolaire alors que j’étais d’âge scolaire. J’ai développé un handicap en cours de croissance sans bénéficier d’aucune compensation et en étant a fortiori frappé de mépris au sein même de ma famille (ma mère me traitait de monstre… par exemple et entre autres) ainsi que dans les établissements où j’ai été scolarisé.

J’ai été rejeté adolescent vers la marginalité, l’extrémisme, la délinquance et la folie avec une interdiction de fait d’en sortir.

J’ai dû mener une lutte sur quatre décennies à partir des marges de la société, via les circuits contestataires.

Quoique je fasse, quoique je produise, je suis frappé d’opprobre, de honte, de diagnostics psychiatriques en plus que ma main d’œuvre est utilisée avec un mépris sans frein comme ne valant rien.

J’ai livré une réhabilitation en marge de la société sans que cette réhabilitation ait été officialisée, du fait de l’arriération du système psychiatrique français.

La lutte juridique à laquelle je participe depuis 31 ans désormais est actuellement récupérée par des coalitions de professionnels qui pour la plupart d’entre eux m’ont fait comprendre, nous ont fait comprendre, que nous sommes des espèces de déficients et que nous devions évacuer le terrain sauf à y être présents en tant que fous cliniques, monstres sociaux à exhiber en tribunes, purs et simples objets de savoir à partir desquels on étaye telle démonstration ou telle thèse dans un amphithéâtre d’une université ou d’un hôpital psychiatrique.

Les efforts et l’expertise que j’ai développés toutes ces décennies ont été aussi souvent que possible considérés comme une preuve et une production de ma pathologie mentale.

Ayant été considéré dès l’enfance comme étant de trop sur terre, en tant qu’apatride de fait, dans le contexte d’une famille de Thénardier irresponsables et d’un système scolaire servant d’abord et avant tout pour casser les enfants en guise d’éducation, ayant dû constater depuis toutes ces décennies que toute ma vie était structurée sur ce même moule, sauf luttes éperdues, je me permets d’utiliser le présent mode de protestation.

Mes respectueuses salutations.