2017-04-22 - Handicap psychique et élections présidentielles 2017

• Pour citer le présent article : https://goo.gl/6pQLbp ou http://psychiatrie.crpa.asso.fr/640

Document du samedi 22 avril 2017
Article mis à jour le 30 août 2020
par  A.B.

Pour qui peuvent voter des personnes qui sont ou ont été psychiatrisées (soit environ 10 millions de personnes) sachant que les handicapés en général ont été parmi les grands oubliés de cette campagne électorale, et que la question psychiatrique fait partie des tabous de notre société ?

Pour retrouver ce billet sur Mediapart, Les Contes de la folie ordinaire : https://blogs.mediapart.fr/edition/…

Cf. un article publié par 20 minutes le 21 avril sur la politique du handicap grande oubliée de ces présidentielles : http://www.20minutes.fr/elections/p…


Billet d’humeur

Je signale à tous qu’à ma connaissance le seul candidat aux élections présidentielles, dont le premier tour a lieu demain, qui ait clairement parlé de la question du handicap psychique et qui ait identifié les pathologies mentales comme les pathologies du 21e siècle, au cours de cette campagne, a été Benoît Hamon. Cela à travers la problématique du burn out.

Les handicapés en général ont été parmi les grands oubliés de cette campagne électorale (quid par exemple de l’accessibilité du métro parisien pour les handicapés en chaise roulante ?). Quoique tout de même aujourd’hui aux informations du 20 heures de TF1 il a été évoqué que le tueur de la soirée du 20 avril passé qui sur les Champs-Elysées a assassiné un policier en faction et qui lui-même a été tué, présentait un profil tant pénal que psychiatrique. Enfin il fallait sauver les meubles et parler des malades mentaux dangereux … sic !

Celles et ceux qui sont concernés par eux-mêmes par la psychiatrie et par l’exclusion sociale liée, n’ont pas spécialement pour qui voter demain, mis à part pour Benoît Hamon. Nous devons nous considérer comme à l’ordinaire en tant qu’exclus du champ social et politique.

Raison de plus pour que nous nous fassions entendre. Je recommande pour ma part l’usage du droit, des prétoires, des codes, des arguments et de la rhétorique liée, puisque c’est pour nous un des seuls moyens de nous faire entendre. Nous l’avons prouvé ces dernières années à travers les actions contentieuses du CRPA et antérieurement celles du Groupe information asiles (GIA).

Une précision : les réponses envoyées par Philippe Poutou et le représentant de la France insoumise ces derniers jours à une interpellation produite par l’Union syndicale de la psychiatrie (USP) (cliquer sur ce lien), sur la crise actuelle de ce secteur santé et des prises en charge liées, sont bel et bien des réponses faites à un syndicat de psychiatres. Un tel syndicat se doit de défendre et de représenter in fine des intérêts bien compris de professionnels de la psychiatrie. Or, ce n’est pas à des professionnels de la psychiatrie de parler en lieu et place des personnes psychiatrisées. Les patients en général, tous secteurs santé confondus, ont en effet acquis par des textes législatifs et réglementaires le droit à une prise de parole publique et audible.

André Bitton.



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