2015-04-20 (oru) Hospimedia • Des associations d’usagers en psychiatrie créent une nouvelle union nationale • Position du CRPA et de l’Union nationale GEM-France sur ce projet

• Pour citer le présent article : http://goo.gl/u85hwy ou http://psychiatrie.crpa.asso.fr/501

Document du lundi 20 avril 2015
Article mis à jour le 31 juillet 2016
par  A.B., H.F.

Position du CRPA sur un projet d’union d’associations d’usagers du système psychiatrique

 

Nous avons été mis au courant de ce projet au début de ce mois sur lequel nous avons formulé quelques réserves, entre autres celles que nous avons déjà faites valoir sur la représentation institutionnelle des usagers en psychiatrie qui est biaisée et conçue pour évacuer et étouffer la contestation. Nous pensons qu’il y a un gap, un fossé, une fracture, qui s’est d’ailleurs considérablement accentuée depuis la série des questions prioritaires de constitutionnalité de 2010 à 2012, avec les réformes qu’elles ont entraînées, entre une association de lutte pour les droits fondamentaux des personnes soumises à des mesures de contrainte psychiatriques, ce qu’est le CRPA, et les associations d’usagers classiquement formées.

Notre association ne peut pas, a priori, s’intégrer à ce projet d’union d’associations d’usagers tel qu’il est actuellement envisagé, par contre un travail ponctuel en commun, sur un certain nombre de points précis, pourrait être envisagé.

André Bitton, président du CRPA.


Position de la présidente de l’Union nationale GEM-France, Mme Maïté Arthur

22/04/2015
 

L’Union nationale GEM-France (UNGF) s’est créée en 2008 avec Argos 2001, Advocacy France, dont les représentants sont au Conseil d’Administration, avec également le CRPA, pour défendre les associations d’usagers dans les GEM afin qu’à leur place elles aient une vraie possibilité de faire appliquer les lois de janvier 2002, de 2004 et enfin les dispositions de la loi du 11 février 2005.

Nous avons pu mener sur le terrain, auprès des usagers de la psychiatrie, un travail réel de formation, d’information, de défense des droits permettant à ce dispositif de prendre dans le temps toute sa place.

Nous avons également participé aux discussions nationales sur la loi santé tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Nous y déléguons déjà sur des groupes de travail nos membres d’Argos, d’Advocacy, et du CRPA pour représenter l’Union et donner des avis, faire des propositions élaborées ensemble. Nos représentants travaillent sur différents aspects de l’organisation des soins, des différents dispositifs jalonnant le parcours des patients, et, semble t’il avec efficacité.

L’UNGF qui a une position militante basée sur l’expérience du terrain, que ce soit au niveau des GEM stricto sensu, mais aussi de la vie associative puisque c’est dans les GEM en fait que cette vie se concentre, et qui fait des propositions en politique de santé dans un registre plus large, en santé mentale principalement, a trouvé jusque-là plus qu’un écho dans ses interventions auprès du politique.

Nous n’imaginons pas actuellement comment fonctionner avec une autre Union nationale, composée des mêmes organisations déjà présentes chez nous plus quelques autres organisations que nous connaissons bien. Pourquoi ? tout d’abord parce que le temps nous manque à tous pour donner suffisamment de présence à la fois à chacune de nos organisations propres et à l’Union tant dans les réunions, colloques, groupes de travail etc… Ces manifestations nous prennent de temps à chacun et à tous. Nous nous demandons comment trouver du temps supplémentaire ; comment trouver, former et convaincre un nombre accru de bénévoles militants, et de l’énergie supplémentaire pour engager un travail de niveau institutionnel tout en gardant la capacité de maintenir les objectifs spécifiques de nos mouvements en tenant encore au-dessus d’eux une organisation d’envergure institutionnelle.

La commande institutionnelle tient toujours pour plus pratique d’homogénéiser la revendication et de n’avoir qu’une seule tête qui donne le « la » pour tous. Nous avons vu combien les résultats peu convaincants, voire contre-productifs pour la cause des usagers, de l’expérience FNAPSY qui a été longtemps l’organisation providentielle quelles que soient les situations et les problématiques à discuter, nous ont été préjudiciables.

Il serait, en outre, discriminant de fonder le socle de ce projet en cours à partir des seules associations agréées lesquelles seraient - encore une fois l’Histoire se répétant - les porte-paroles agréés également, des pouvoirs publics.

Par contre, nous serions preneurs d’une coordination qui prendrait le temps de se structurer en fonction des compétences de chacun, du temps disponible, de la mobilité, du travail à accomplir et qui serait une force de propositions vis-à-vis des pouvoirs publics. Chaque compétence associative étant efficace dans son champ d’action et ramenant au pot commun les acquis au bénéfice de nos adhérents tous usagers de la psychiatrie.


Psychiatrie. Des associations d’usagers en psychiatrie créent une nouvelle union nationale (HOSPIMEDIA)

Publié le 20/04/15 ­ 17h31 ­ HOSPIMEDIA | Par Aude Malaret

Source : http://abonnes.hospimedia.fr/articl…
 

Une union nationale des associations de personnes en difficulté psychique, dont la vocation serait d’assurer la représentation des usagers auprès des instances publiques, administratives et politiques, est en cours de constitution. Sa création devrait être formalisée en juin prochain lors d’une assemblée constitutive. Denis Maier, vice­-président d’Argos 2001, participe à la rédaction des statuts et explique à Hospimedia l’origine de ce projet. « Créer une représentation commune aux associations d’usagers était déjà un projet ancien, rappelle-­t-­il. L’objectif, c’est d’être plus fort ensemble, à la fois pour réfléchir, défendre les intérêts des usagers et faire des propositions, au ministère par exemple, dans le cadre de l’élaboration du plan psychiatrie et santé mentale. » De plus, l’union nationale permettra aux membres, dont « les conditions techniques sont précaires et les fonds ne sont pas extensibles », de mutualiser une partie de leurs moyens en disposant notamment de services juridiques communs.

Formée autour des associations de patients et de proches en santé mentale disposant d’un agrément national, la nouvelle organisation vise à rassembler d’autres associations nationales. L’initiative a été prise par l’association d’aide aux personnes atteintes de troubles bipolaires (maniaco-­dépressifs) et à leur entourage, Argos 2001 et l’association française contre la dépression et les troubles bipolaires, France Dépression. Les discussions en cours sur le fonctionnement de la future structure ont aussi réuni l’association d’usagers en santé mentale, médico-­sociale et sociale (Advocacy France) ; l’association française de personnes souffrant de troubles obsessionnels et compulsifs (Aftoc) ; l’association de patients et de proches (Schizo ? … Oui !) ; l’association d’aide aux personnes en difficultés avec l’alcool et de soutien à l’entourage (Vie libre). « La Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie (Fnapsy), qui avait ce rôle de représentation, a fini par ne plus pouvoir l’assumer. » Une situation qui, selon Denis Maier, a de nouveau fait naître chez ces structures l’envie de cette union.

Le projet a déjà reçu « un bon écho de l’administration », indique Denis Maier. En cours de formalisation, « cette union ira à son terme », affirme­-t-­il. Et de préciser qu’une nouvelle réunion se tiendra en mai prochain. « Notre démarche est pragmatique : il s’agit de créer une grande maison. Nous défendons l’idée que les patients ont une place à prendre. » En bref, « défendre nos points de vue séparément, résister collectivement ». Ainsi, les partenaires pourront continuer d’agir chacun dans leur champ d’action. « C’est à la fois une union nationale et une union des associations nationales », souligne Denis Maier. Une formule à comprendre comme un « sous-­titre » puisque le nom définitif n’est pas encore connu.

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