2014-02-23 (cm/oru) Oui, des organisations d’usagers et ex-usagers en santé mentale peuvent prendre la parole publiquement en dehors de la FNAPSY

• Pour citer le présent article : http://goo.gl/xxKocw ou http://psychiatrie.crpa.asso.fr/410

Document du dimanche 23 février 2014
Article mis à jour le 8 mars 2015

  • En réponse à une interview de Mme Claude Finkelstein dans les Actualités sociales hebdomadaires du 7 février 2014 (n° 2846, Côté terrain, questions à Claude Finkelstein), titrée : « La parole des usagers en psychiatrie est reprise en mains par les professionnels », nous publions une lettre commune signée par six organisations d’usagers en psychiatrie et santé mentale, dont le CRPA, qui représentent ensemble environ 3 000 adhérents. Cette interview est également annexée ci-dessous.

Vous prendrez bonne note de cette lettre commune. En effet, il est inenvisageable pour ce qui nous concerne, de laisser sans un contredit cette tribune de Mme Claude Finkelstein, dont certains contenus nous portent atteinte, dans une revue de référence telle les Actualités sociales hebdomadaires.

André Bitton, président du CRPA.

Auteurs : A.B. - H.F.


Lettre commune d’associations d’usagers en psychiatrie et santé mentale

 

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2014-02-23 Lettre commune
Oui, des organisations d’usagers et ex-usagers en santé mentale peuvent prendre la parole publiquement en dehors de la FNAPSY !

Oui, des associations d’usagers et ex-usagers en santé mentale peuvent prendre la parole publiquement en-dehors de la FNAPSY !
 
Le 23 février 2014
 

Nous, associations indépendantes d’usagers et ex-usagers en santé mentale, avons été choqués par l’affirmation de Mme Claude Finkelstein, aujourd’hui ex-Présidente de la FNAPSY consistant à dire qu’en dehors de son organisation et de sa personne il n’y avait pas de représentation, pas de parole légitime des usagers. A son sens, la prise de parole par tout autre usager ou association serait « instrumentalisée » par les professionnels si cet usager n’est pas « suivi » par la FNAPSY (Actualités sociales hebdomadaires, n°2846, 7 février 2014, « Questions à Claude Finkelstein », par Noémie Colomb).

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2014-02-28 Actualités sociales hebdomadaires -
Publication de la lettre commune en réponse aux déclarations de Mme Claude Finkelstein

Cette déclaration est un affront à la représentation indépendante des usagers patients et ex-patients de la psychiatrie, par nos associations dans leur diversité, qui existe et qui s’exprime bel et bien en France depuis de nombreuses années. Elle est aussi un affront aux professionnels de santé qui nous écoutent et avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années.

Nos associations apportent aux débats sur les questions de psychiatrie et de santé mentale une contribution riche de leurs diversités et de leurs compétences acquises par l’expérience vécue et la confrontation aux réalités du terrain qu’affrontent les personnes en situation de handicap psycho-social.

Nos organisations, chacune dans son champ d’action, communiquent aux responsables politiques et institutionnels une vision plus globale et plus large, dépassant les a priori, nécessaire à la compréhension des besoins et des propositions à apporter en réponse aux personnes concernées.

Nous œuvrons dans les champs du médical, médico-social, social et juridique y représentant légitimement nos pairs (usagers) en toute indépendance. Le rétablissement et l’intégration dans la Cité des personnes concernées souvent empêchées par les difficultés de la vie courante : respect des droits des usagers, logement, réinsertion par le travail, qualité des soins, sont depuis de nombreuses années les préoccupations qui motivent nos interventions sur le plan local, régional, et national.

Les affirmations de Mme Claude Finkelstein ne sauraient nous détourner de nos actions spécifiques ou de celles plus générales liées à notre volonté d’améliorer les conditions de vie et de suivi des usagers en santé mentale, et de faire respecter leurs droits.

Dans son rapport définitif de la mission d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie du 18 décembre 2013, le député M. Denys Robiliard cite les interventions de plusieurs associations d’usagers indépendantes de la FNAPSY (Union nationale des GEM de France, Advocacy France, CRPA, GIA). Plus encore, dans son rapport d’étape du 29 mai 2013 qui a servi de support à sa proposition de loi réformant partiellement la loi du 5 juillet 2011 sur les soins en psychiatrie, M. Denys Robiliard fait référence au CRPA dont l’apport par une question de constitutionnalité a permis cette réforme. A l’occasion des auditions organisées dans le cadre de ce rapport nombreuses sont les associations non membres de la FNAPSY qui ont été appelées à s’exprimer prouvant en cela la richesse des différentes associations d’usagers en santé mentale et psychiatrie en France.

Nos organisations sont connues, sollicitées, écoutées, et continueront leur travail. Le changement de direction de la FNAPSY ne bouleverse pas le mouvement indépendant des usagers en santé mentale, il indique seulement qu’il y a encore du chemin à parcourir dans cette voie vers la reconnaissance de notre autonomie et de la validité d’une plus large représentation de nos différents courants et opinions. Ceci dans l’intérêt d’une expression démocratique, libre, au bénéfice non seulement des personnes concernées constituant aujourd’hui 15 % de la population générale selon le dernier Eurobaromètre 2010, mais au bénéfice de notre société tout entière.
 

Les signataires :

  • Pour Argos 2001 : Mme Annie Labbé, Présidente.
  • Pour Humapsy : M. Mathieu Dissert, Fondateur et Président.
  • Pour Oxygem 38 : M. Jean-Jacques Lambert, Président.

Interview de Mme Claude Finkelstein dans les Actualités sociales hebdomadaires, du 7 février 2014

 

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2014-02-07 Interview de Mme Claude Finkelstein, ASH

Actualités Sociales Hebdomadaires - Numéro 2846 du 07/02/2014
Côté terrain - Questions à CLAUDE FINKELSTEIN : « La parole des usagers en psychiatrie est reprise en main par les professionnels »
 

Auteur : Noémie Colomb
 

Après 15 années passées à la présidence de la Fnapsy (Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie), Claude Finkelstein vient de quitter ses fonctions. Rencontre.

— Quel bilan tirez-vous de votre engagement à la Fnapsy ?

"La fédération est passée de trois associations adhérentes en 1998 à 67 aujourd’hui. Nous faisons un travail de terrain considérable : nous écoutons les patients et les dirigeons vers des associations locales, allons les voir à l’hôpital, organisons des formations destinées aux usagers qui vont siéger dans les instances régionales. Notre première grande victoire a été la signature, en décembre 2000, de la « Charte de l’usager en santé mentale », avec le ministère de la Santé et la conférence des présidents de CME des CHS (1). Ce texte — distribué à plus de 5 000 exemplaires dans les hôpitaux et les maisons de retraite — affirme que le patient en psychiatrie est une personne à qui on doit expliquer pourquoi il est hospitalisé et comment il va être soigné. Cette charte nous a permis de défendre l’accès des usagers à leur dossier médical dans le cadre de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades — dite loi « Kouchner ». En 2005, nous avons défendu l’inscription des groupes d’entraide mutuelle dans la loi « handicap ». Puis, nous nous sommes battus pour que les articles sur la psychiatrie soient retirés du projet de loi de prévention de la délinquance. Enfin, nous avons réussi à infléchir le texte de la loi sur les soins sans consentement votée en juillet 2011 et obtenu que la décision de levée des soins reste au médecin et non au préfet."

— Vous condamnez les dysfonctionnements du système institutionnel psychiatrique…

"La parole des usagers est reprise en main par les professionnels. Ceux-ci reprennent possession de notre vie, alors que la loi « Kouchner » donnait la parole au malade. Nous seuls pouvons dire ce que nous sommes capables de faire, travailler ou pas. C’est un retour en arrière ! On assiste à une instrumentalisation de la parole des anciens patients : on les fait témoigner dans des colloques ou dans les médias à titre individuel, sans aucun suivi, alors que la Fnapsy est justement là pour intervenir au nom d’un collectif. Cela se traduit aussi par une chute de la subvention du ministère de la Santé, qui est passée, entre 2011 et 2012, de 170 000 à 70 000 €. On voit aussi les résistances à l’application de la loi « Kouchner » dans les services de psychiatrie. Tout patient hospitalisé peut désigner une personne de confiance pour l’accompagner tout au long des soins et des décisions à prendre. Or les personnes hospitalisées sous contrainte en sont privées. Pourtant, dans les pays nordiques ou au Québec, cette personne de confiance — payée par une association d’usagers — est systématiquement nommée quand une personne est hospitalisée sans consentement. Les résultats sont là : sur 100 patients, 67 acceptent de se faire hospitaliser librement. En acceptant de se faire soigner, elles sortent du déni de la maladie."

— Où en est l’expérimentation des médiateurs santé-pairs (2) ?

"C’est une grande déception. Sur les 30 médiateurs qui se sont lancés en 2011, il n’en reste plus que dix en poste. Le médiateur est trop dépendant du chef de service et a du mal à trouver sa place dans une équipe de soignants. Nous militons pour qu’il ne soit pas rattaché à un service, mais mis à disposition de l’hôpital par une association d’usagers. En cas de problème, il peut ainsi se tourner vers l’association."

— Quelles sont vos perspectives ?

"Je deviens directrice de la fédération. Richard Palombo en est le nouveau président (3). Pour nous faire entendre des pouvoirs publics, nous allons créer, avec l’Unafam (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), une plateforme commune de propositions et d’actions : l’Union nationale des associations de la psychiatrie (Unapsy). Il ne s’agit pas de remplacer la Fnapsy et l’Unafam, qui garderont leur identité et leur action propres. Nous allons porter des sujets communs, comme le logement des usagers, la prévention ou la stigmatisation.

Je souhaite désormais faire moins de militantisme et me tourner vers la réflexion sur l’éthique en psychiatrie."
 

Notes

(1) Conférence nationale des conférences médicales d’établissements de centres hospitaliers spécialisés.

(2) Voir ASH n° 2739 du 30-12-11, p. 20.

(3) Président de l’association OSE (Ouest-sud-est), il était, depuis cinq ans, vice-président de la Fnapsy.



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