2013-05-15 (art/oru) La FNAPSY en préavis de faillite aiguille les gens en souffrance vers le Bureau santé mentale du ministère de la Santé

• Pour citer le présent article : http://goo.gl/pZlQ2 ou http://psychiatrie.crpa.asso.fr/326

Document du mercredi 15 mai 2013
Article mis à jour le 13 février 2020

Cf. un dossier sur la FNAPSY sur notre site : 2013-02-26 (cm/oru) La FNAPSY lance une pétition au soutien de sa survie.

Ainsi qu’à titre complémentaire : 2013-10-17 (art/oru) Mail ouvert au député Denys Robiliard, rapporteur de la Mission d’information santé mentale et psychiatrie

Sur le rapport de l’IGAS de novembre 2011 sur son inspection de la FNAPSY, cliquer sur ce lien

Sur la démission de Mme Claude Finkelstein de ses fonctions de présidente de la FNAPSY, au 1er février 2014, cliquer sur ce lien.

Auteurs : A.B. - H.F.


Sur le répondeur de la FNAPSY, au 15 mai 2013

Cliquer sur ce lien pour écouter l’annonce du répondeur de la FNAPSY

Notation ironique. Sur le répondeur du siège social de la FNAPSY, 33, rue Daviel, dans le 13e art de Paris, au 01 43 64 85 42, il y a d’indiqué (en résumé) :

« Ici la FNAPSY. N’ayant plus de permanent pour les réponses téléphoniques, si vous êtes une association adhérente, veuillez laisser un message sur ce répondeur … Si vous êtes une personne en souffrance, ou si vous recherchez des informations, vous pouvez contacter Mme Geneviève Castaing au 01 40 56 44 41 ».

Or, il se trouve que Mme Geneviève Castaing est la cheffe du Bureau santé mentale du Ministère des affaires sociales et de la santé (Direction générale de la santé). C’est-à-dire une haute fonctionnaire dirigeant les fonctionnaires de l’administration centrale qui coordonnent et ordonnent la politique de psychiatrie et de santé mentale du pays … Au surplus, le numéro de téléphone indiqué dans l’annonce de la FNAPSY, est celui du Bureau de la santé mentale du Ministère des affaires sociales et de santé.

Magnifique renvoi de la présidente de la FNAPSY, vers la hiérarchie de sa fédération d’usagers censée représenter valablement les usagers de la psychiatrie … Quand on vous dit que les associations d’usagers subventionnées sont indépendantes, mais qu’attendez-vous pour le croire ?


Selon l’Agence presse médicale (15 mai 2013) : L’association de patients FNAPSY au bord de la cessation de paiement

De Hélène Mauduit, Grand Reporter.
 

PARIS, 15 mai 2013 (APM) - La Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie (Fnapsy) est au bord de la cessation de paiement, à la suite de la diminution de plus de moitié de la subvention versée par la direction générale de la santé (DGS).

La cessation de paiement n’est pas établie devant la justice mais elle pourrait intervenir sous peu, a déclaré mercredi à l’APM la présidente de la Fnapsy, Claude Finkelstein.

« Notre compte en banque est dans le rouge, nous ne pouvons plus payer l’Urssaf mais la DGS considère que notre situation financière est satisfaisante. Mais nous avons dû licencier les permanents ».

La fédération a cessé début mai d’assurer sa permanence téléphonique et de répondre aux personnes la sollicitant pour une aide et renvoie ces demandes vers le bureau de la santé mentale de la DGS.

La Fnapsy, créée en 1992, compte 71 associations adhérentes et environ 70 représentants siégeant au titre des associations d’usagers de la santé dans les conseils de surveillance et conseil d’administration des établissements de santé et dans les commissions départementales des soins psychiatriques (CDSP).

La subvention annuelle versée par la DGS à la Fnapsy est passée de 175 000 euros en 2011 à 70 000 euros en 2012 -notifiée en octobre 2012- alors que la convention triennale 2010-12 signée avec la DGS prévoyait un maintien de la même somme sur les trois années, déplore Claude Finkelstein.

Auparavant, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), qui versait une subvention de 200 000 euros depuis 2006, a cessé tout subventionnement en 2010.

Vendredi, la DGS a fait connaître sa volonté de soutenir les actions de la Fnapsy, laissant entendre qu’elle pourrait accorder 70 000 euros pour 2013, mais à condition que l’association fournisse un descriptif plus détaillé des actions proposées pour 2013 et une présentation de son budget conforme à ses exigences.

« Si nous pouvons espérer continuer à survivre, cela ne changera rien à notre situation actuelle si nous n’avons pas d’avance de l’ordre de 10 000 à 20 000 euros, cette lettre de la DGS n’a aucune valeur pour la banque », souligne Claude Finkelstein. « Pour obtenir cette subvention, nous devons constituer un nouveau dossier, ce qui va nécessiter encore du temps et nous sommes déjà en mai ».

La baisse de subvention intervient à la suite d’un rapport de mission de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) de novembre 2011 -non rendu public- qui a émis 13 recommandations sur la gestion et la gouvernance de l’association.

Ce contrôle est intervenu après les actions engagées en justice en 2010 par un ancien salarié de la Fnapsy qui a contesté son licenciement et par la contestation du rôle de représentation des usagers de la Fnapsy par des associations qui l’ont quittée (cf APM HMND2001).
 

APPLIQUER TOUTES LES RECOMMANDATIONS DE L’IGAS

Selon des éléments du rapport dont l’APM a eu connaissance, l’Igas demandait un fonctionnement plus démocratique de la Fnapsy, des éléments plus solides pour l’évaluation de ses actions, une comptabilité plus rigoureuse, un déménagement dans des locaux plus modestes et une diversification de ses financements afin que les subventions de l’État représentent moins de 80% des ressources.

L’Igas soulignait aussi les difficultés récurrentes de gestion de l’association, indiquant que ses dirigeants « néglig[eai]ent leur fonction de gestion ».

Elle demandait aussi à la DGS et à la DGCS de préciser ses exigences et de coordonner leur action envers les associations d’usagers en psychiatrie.

Le DGS Jean-Yves Grall a indiqué à la Fnapsy que la diminution de la subvention 2012 était due à un « défaut de diligence » à mettre en œuvre les recommandations de l’Igas sur les questions de gestion et de diversification de son financement.

Claude Finkelstein se défend en invoquant les difficultés inhérentes à la gestion d’une association de personnes malades mais constate l’impossibilité, en raison de la baisse de ses financements, à employer des permanents qui auraient permis de répondre aux exigences de l’Igas.

« Nous avions appliqué certaines recommandations de l’Igas avec le déménagement dans des locaux plus petits, l’embauche d’un expert-comptable et d’une comptable venant une fois par semaine ». De même, la Fnapsy avait embauché un coordinateur administratif en mai 2012, travaillant à temps plein, pour répondre à une des exigences de l’Igas mais il a dû être licencié en janvier, en raison des problèmes financiers.

« Nous avions engagé ces dépenses sur la base de la subvention promise de 175.000 euros », souligne-t-elle.

« Il y a une volonté politique de nous faire mourir », déplore Claude Finkelstein.

La présidente de la Fnapsy subodore que la fédération « paye » pour ses prises de position critiques sur certains sujets, comme les médiateurs pairs en santé mentale, les conseils locaux de santé mentale (CLSM) et sa défense du service des soins somatiques au centre hospitalier Sainte-Marie de Nice, spécialisé en psychiatrie.

hm/ab/APM polsan
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